Spectacle

Stabat Mater de Pergolèse

Le Concert de l'Hostel Dieu

Il existe en Campanie une légende selon laquelle Pergolèse aurait composé son Stabat Mater après avoir été témoin d’une scène dramatique. Sur une place publique de Naples, une foule est rassemblée pour assister à un triste spectacle : un jeune larron est pendu par l’occupant espagnol pour avoir volé quelques pommes. Sa mère se tient à ses pieds, submergée par la douleur. Ainsi, l’œuvre célébrissime de Pergolèse ne serait - elle pas seulement le poème supr a - expressif que l’on se plait à interpréter de nos jours. Certains dramatismes seraient atténués, quelques rudesses gommées...

Dans son interprétation du Stabat Mater de Pergolèse, Le Concert de l’Hostel Dieu s’appuie sur une source manuscrite originale conservée dans le fonds ancien de la Bibliothèque Municipale de Lyon. Celle-ci présente l’œuvre dans une version réorchestrée par un musicien lyonnais pour cinq solistes et huit instrumentistes. Bannissant la voix de contre-ténor alors disparue des usages lyonnais, le manuscrit de Lyon ouvre de nouvelles perspectives en termes de contrastes vocaux, dépassant le caractère intime et suranné de la version habituelle, à deux voix égales, afin d’en étendre la portée lyrique et dramatique.

Lors de la Semaine Sainte à Naples, se côtoient, musiques sacrées savantes et populaires, mais aussi musiques profanes. Des tarentelles sont scandées des heures durant sur le parvis des églises, plongeant le spectateur dans un univers où sacré et profane s’entremêlent. Afin de restituer cette atmosphère, le Concert de l’Hostel Dieu associe au Stabat Mater des polyphonies traditionnelles, des Miserere et des tarentelles napolitaines. Ce choix d’interprétation et cette alternance mettent en avant l’expression première du texte et les contrastes violents, tout en soulignant les liens entre l’héritage populaire du sud de l’Italie et le talent cosmopolite de Pergolèse