Spectacle

Nawal et les Femmes de la Lune

Cérémonie soufie des Comores

Un souffle porté par la brise de l’océan indien débarque aux Dominicains. Et avec lui toute la poésie du spectacle au nom onirique : Nawal et les Femmes de la Lune. Entre la star de l’archipel des Comores et les Mahoraises de Chiconi, une histoire à fleur de peau qui trouve sa parfaite expression dans le répertoire soufi où elle pioche les chants liturgiques dédiés à la gloire du Prophète. Nawal vient d’être nommée Ambassadeur de bonne volonté auprès des Nations-Unies. Ce titre est donné à des personnalités qui utilisent leur talent ou leur renommée pour diffuser les idéaux de l’UNESCO, notamment pour attirer l’attention des médias.

Nawal, artiste internationale d’origine comorienne, poursuit son chemin musical et humaniste. Après trois albums et de nombreuses collaborations, elle concrétise son rêve : chanter le répertoire soufi avec des femmes de son archipel natal. Ce répertoire puise à travers des poèmes panégyriques à la gloire du prophète (la burda, le barzandji dont les textes, piliers de la literature arabe classique, remontent au XIIe siècle). Les femmes de l’archipel y chantent principalement le Deba, le Maulid, et l’Hilkatu Dhikri, chants lithurgiques qui ont nourri l’enfance de Nawal.

À partir de ce répertoire, Nawal accouche d’un genre musical novateur, mélange de sacré et de profane. Son fil musical et mystique, chargé d’amour, se retrouve à travers les voix bantous de ces femmes, entremêlées d’instruments divers (percussions, gambusi, guitare ou autre suivant les rencontres). Douce, calme ou rythmée, chaque chanson est un envol vers cet archipel. Proche d’un blues ou d’un gospel, sa musique revisite le passé pour mieux accueillir l’avenir.

Le concept des « Femmes de la Lune » est né dans le cadre d’un projet de développement initié par Nawal avec l’association Art’ et Moin (moin = moi en créole). Il est destiné à sauvegarder le patrimoine culturel, valoriser les femmes et à lutter contre les misères sociales et mentales, dans l’océan Indien, en particulier dans l’Archipel des Comores. À travers ce projet, un homage est donc rendu a ces « Îles de la Lune » (Comores vient de Kamara qui signifie la lune en arabe), comme les appellaient les navigateurs arabes du IXe siècle.