Histoire du couvent

De Saint Dominique à nos jours

Ancien couvent classé Monument historique, les Dominicains de Guebwiller sont un haut-lieu du patrimoine architectural alsacien où souffle l’humanisme rhénan.
Il a été construit au XIVe siècle, sous le Saint-Empire romain germanique. Constitué d’une église et d’un cloître, il a traversé de nombreuses guerres et révoltes avant d’être déserté par les frères prêcheurs Dominicains lors de la Révolution française. Les bâtiments déclarés biens nationaux sont ensuite vendus à des particuliers.
Le Conseil Départemental du Haut-Rhin est propriétaire des Dominicains de Haute-Alsace depuis 1991. Il y a investi d’importants moyens pour la restauration de l’ensemble du site. La nef Saint Pierre-et-Paul a conservé tout au long de son histoire un patrimoine exceptionnel de peintures murales des XIVe, XVIe et XVIIIe siècles, qui retracent des épisodes de la Bible ou rappellent des grands saints de la vallée rhénane. La nef possède aussi l’un des rares jubés de la région. Son plafond en bois à 24 m de hauteur lui confère une acoustique exceptionnelle.

Après la Révolution française qui sonne le glas de l’activité religieuse, l’histoire de la nef du couvent a été très agitée: elle est tour à tour transformée en dépôt d’usine, en écurie, en hôpital militaire durant les guerres de 1814 et de 1914-18 et même en halle de marché… Au XIXe siècle, sous l’impulsion de Jean-Jacques Bourcart, alors propriétaire du site, une salle de concert est construite dans le chœur de l’église à mi-hauteur et le premier concert est donné le 22 décembre 1838. Le but de ce mécénat était défini par l’industriel lui-même: "Anoblir par la musique l’esprit et le cœur, réaliser l’union et la fraternité de nos concitoyens, animer le goût musical autour de nous et éterniser dans notre région cet art si noble en le répandant, pour ainsi dire, comme un parfum".
Les bâtiments conventuels n’ont connu ensuite qu’une seule destination: celle d’un hospice, de1830 à 1980.
La vocation musicale du lieu, dans la continuité des offices dominicains, est donc une tradition qui remonte au XIXe siècle. La Société de musique de Guebwiller, qui fonctionnait grâce au mécénat des industriels, fit appel à des interprètes prestigieux, tels Clara Schumann qui y donna quatre concerts dès 1862. Des résidences d’artistes ont été impulsées dès le XIXe siècle, dont celle de Sigismond Neukomm, élève de Joseph Haydn qui composa plusieurs de ses œuvres au couvent.
Depuis le rachat par le Conseil Départemental, le site est entièrement dédié à la musique sous toutes ses formes. La nef est mise à disposition de labels discographiques à la recherche d’une acoustique naturelle - le stradivarius de la voix, dixit Paul Agnew - pour des enregistrements, par exemple le double CD /DVD de Emmanuelle Haïm et Natalie Dessay.

Aujourd'hui, Les Dominicains de Haute-Alsace sont un Centre Culturel de Rencontre, animé par un projet artistique autour des musiques, de toutes les musiques, en lien avec les arts numériques.
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